« Le CNC ne joue pas un rôle de prescripteur »

Guillaume Blanchot, directeur multimédia du CNC, décrypte le rôle de cette institution dans le financement des web-documentaires.

Quelle est la ligne éditoriale du CNC au sujet des web-docs ?
Le CNC ne joue pas un rôle de prescripteur. Il fixe les critères généraux de sélection des projets mais ne définit pas de ligne éditoriale. Il s’en remet par ailleurs à l’avis de professionnels pour juger de l’opportunité de soutenir ou pas un projet de webdocumentaire. Ces critères sont connus et affichés sur le site du CNC.

Combien de projets financez-vous par an ?
En pratique, depuis la mise en place de l’aide au second semestre de l’année 2007, le CNC a soutenu environ 150 projets transmedia ou purement web (animation, fiction, documentaire…), pour un montant d’environ 5M€. Le taux de sélectivité constaté a posteriori est de l’ordre de 1/3 (pour 3 demandes de subvention, 1 dossier est retenu).

Quelles aides existent au CNC ?
Le CNC peut aider à l’écriture et au développement de projets transmedia, à hauteur maximale de 50 000€, au bénéfice soit d’un ou plusieurs auteurs, soit d’une société de production; à l’écriture et au développement d’un projet purement web et/ou mobile (webdocumentaire, par exemple), à hauteur maximale de 20 000€, au bénéfice soit d’un ou plusieurs auteurs, soit d’une société de production; et enfin à la production de contenus purement web et/ou mobile, à hauteur maximale de 100 000€, au bénéfice unique d’une société de production. Cette dernière doit venir avec un minimum d’apport en « cash » du ou des services web ou mobile susceptible de diffuser le projet.

Comment se répartissent les coûts de production ?
C’est naturellement très variable d’un projet à l’autre. Au global, pour un webdocumentaire, les développements spécifiques au web (flash, html, intégration…) représentent de 20 à 25 % des devis, les 75 % à 80% restant relevant de dépenses d’écriture et de production audivisuelle.

Comment sont financés aujourd’hui la majorité des web-documentaires ?
Contrairement au financement du documentaire audiovisuel traditionnel, la plupart des webdocumentaires bénéficient de peu de préfinancement (à l’exception notable du soutien du CNC). C’est malgré tout le cas pour les projets ambitieux portés par les départements web des chaînes de télévision (particulièrement Arte).

Pensez-vous que le modèle économique actuel est viable sur du long terme ?
Le soutien du CNC est souvent essentiel pour déclencher la production, mais il y a également des financements privés, des ventes de droits, le soutien de sociétés d’auteurs…
- le genre documentaire (i.e; en télévision) est par nature plus soutenu que les autres et les chaînes du service public jouent traditionnellement un rôle important dans le financement de ce type d’œuvres.
Il reste naturellement que les producteurs de webdocumentaires doivent (ils le font pour la plupart) explorer des sources de financement alternatives (sponsoring, annonceurs…etc.).

Quels financements peut-on imaginer pour demain ?
Il y a désormais un flux de production régulier et un début de structuration du marché, qui en reste cependant à ces balbutiements. Les médias interactifs ont besoin de contenus exclusifs, différents des formats audiovisuels traditionnels.

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