« Le webdocumentaire, laboratoire sous perfusion »

« Nouvel outil journalistique, le webdocumentaire suscite l’engouement des photographes, reporters de presse et de télévision, designers internet. Les expérimentations se multiplient, mais le modèle économique est toujours inexistant. »

Ce papier a été rédigé dans la revue 6 MOIS (que j’aime beaucoup). Si je suis tout à fait d’accord avec Léna Mauger concernant l’info première de l’article, à savoir que le webdocumentaire est un genre qui n’a pas encore trouvé de modèle économique, la suite me laisse… pantoise.

« Pour attirer plus d’internautes, les producteurs s’allient avec un maximum de diffuseurs, créent des communautés. Après quelques années de tâtonnement, leur constat est édifiant : les webdocumentaires qui fonctionnent le mieux sont plus linéaires que déconstruits. À quoi ressemble un bon webdoc linéaire ? À un documentaire, finalement. »

Or comme l’indique, à juste titre, le site Webdoc, « […] ce que l’on nomme webdocumentaire est tout d’abord en filiation directe avec le documentaire. » Dans ce cas, où est le problème ? Le webdocumentaire ne doit-il pas s’appuyer sur un travail de fond et d’auteur ?

De même, lorsqu’elle indique, qu’ »[…] En réalité, le webdocumentaire est déjà un mot-valise, une étiquette fourre-tout », j’ai du mal à comprendre d’où elle tire cette conclusion.

Car comme l’indique le site Webdoc, dans un autre article :

« Par le néologisme « webdocumentaire », nous désignons un documentaire dont la conception et la réalisation sont faites pour le Web et qui est diffusé sur le Web. Il ne s’agit pas d’un documentaire dans sa forme télévisuelle ou cinématographique, à la narration linéaire, qui trouverait sur Internet un énième espace de diffusion, mais une sorte de prolongement de ce que furent le CD-ROM ou le DVD-ROM : une œuvre utilisant les technologies du Web et ses différentes ressources multimédias. »

De même, lorsque l’on parle de web-reportage, que Léna Mauger évoque d’ailleurs dans son article, c’est là encore un genre. Ce dernier ne demande pas un travail de documentaire, mais bien de reportage : un temps et une écriture différente, un angle demandé, une information précise à délivrer…

Si toutefois un projet de webdoc ne respecte pas les caractéristiques, certes floues mais tout de même existantes, du genre, il est alors à classer dans la catégorie des POM : les petites œuvres multimédias…

En bref, rapidement, si je trouve le ton intéressant, car il va tout de même - un peu – à contre-courant de l’effervescence qui existe autour du webdocumentaire, on peut regretter le manque d’arguments de la journaliste…

Une réflexion au sujet de « « Le webdocumentaire, laboratoire sous perfusion » »

  1. Pour une analyse suivie et (à mon avis, mais je suis juge et partie !) pertinente, visitez nos articles, entretiens et analyses sur le webdoc et les nouveaux médias sur Le Blog Documentaire !
    Nicolas

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