La fin du journalisme traditionnel ?

Cet article de Presse Citron revient sur le Narrative Science, le générateur automatique d’articles. Un programme qui a de quoi donner des sueurs froides aux journalistes traditionnels.

Et si le bon vieux duo papier-crayon disparaissait ? Bon, il faut bien l’avouer, nous en sommes encore loin. Bien que…

Un papier qui vaut le coup d’oeil : http://bit.ly/pnI6Wl

Décès du journaliste Jacques Alexandre, carte de presse numéro un

Le journaliste Jacques Alexandre, premier titulaire de la carte de presse, est décédé lundi à l’âge de 90 ans. Ce grand nom du journalisme aura marqué la radio mais aussi la presse écrite…

« Jacques Alexandre, premier titulaire de la carte de presse, est mort« , un article à lire sur Libération : http://bit.ly/oONe1H

Le crowdfunding, nouveau système de financement ?

Le financement reste la sempiternelle question pour ceux qui veulent réaliser un web-documentaire. Et difficile de rentrer dans les rouages des subventions, bien loin du modèle journalistique classique. Car il est aujourd’hui avéré que le web-documentaire repose essentiellement sur un modèle proche de celui du documentaire. Ce sont d’ailleurs aujourd’hui des sociétés de production qui produisent une grande partie des webdocs.

Quoiqu’il en soit, l’apparition du webdocu a eu le mérite de poser la question du financement de l’information sur Internet. Question qui s’était déjà posée avec les sites d’information en ligne qui reposent en partie eux-aussi sur des schémas assez classiques : celui de la presse écrite, reposant en majorité sur la publicité.

Mais comme Internet a favorisé l’émergence de nouveau modèle d’information, il a permis l’apparition d’un nouveau système, plus que modèle, de financement : le crowdfounding. Le principe ? Le financement des reportages par les internautes. Des journalistes, des magazines, des institutions proposent sur une plate-forme des sujets qu’ils aimeraient produire. Ils en présentent un synopsis, combien il faut pour le produire. Les internautes décident ensuite de donner ou pas.

Ce dernier est déjà assez répandu aux Etats-Unis où il est d’ailleurs né avec Spot.us en Californie. D’autres plates-formes existent comme Emphas.is, KissKissBankBank ou encore Ulule.

Si en France, le modèle met un peu plus de temps à se développer, il commence à prendre ses marques. Ainsi Glifpix a été lancé en octobre dernier. J’aime l’info ne devrait pas tarder non plus à voir le jour.

A titre d’exemple, « Paroles de conflits » a en partie été financé par le crowdfunding.

« Pour assurer une partie des coûts du voyage, il nous est venu l’idée du financement par les internautes. De plus en plus répandu, le crowfunding (sic.) commence à réunir depuis deux ans en France (plus aux USA) beaucoup de participants et certains projets commencent à se voir financés en partie par la toile. Nous avons donc mis notre projet sur KissKissBankBank, un site de crowfunding (sic.), pour lever une somme de 18.000 euros, l’objectif a été atteint il y a bientôt 2 mois. » Lire plus

Mais il reste encore aujourd’hui difficile de se financer par ce moyen. Les Internautes n’étant pas encore réellement habitués à payer pour avoir une information.

 

Pour en savoir plus sur Glifpix et J’aime l’info :

Le crowdfunding de l’info arrive en France envoyé par ifp2011. – L’actualité du moment en vidéo.

 

Quand les ONG investissent les webdocumentaires

La Vie sac, portraits de ceux qui n'ont presque plus rien

Après les entreprises, c’est au tour des ONG d’investir le webdocumentaire. Médecins du Monde présente ainsi, à l’occasion de ses 30 ans, le webdoc « La vie à sac ».

Le webdoc propose de découvrir quatre portraits de personnes démunies qui bénéficient de l’action de Médecins du Monde :

- Diktatora , Rom de Roumanie et mère de 7 enfants, vit sur un campement aux alentours de Nantes.
- Patrick, SDF, a planté sa tente à quelques kilomètres du centre de Toulouse.
- Kamron, 19 ans, afghan, a traversé en un an une dizaine de pays avant d’échouer dans la jungle de Calais.
- Maro, 8 ans, est atteinte de leucémie. Avec sa maman, Sadio, elles ont vécu des années durant dans un appartement insalubre et dangereux de la région parisienne.

L’objectif est ainsi de sensibilser la population à l’action de Médecins du Monde.

Screencast du webdocumentaire « La vie à sac » par lavieasac

« Et si les écoles de journalisme se mettaient au triolisme ? », d’Erwann Gaucher.

image

De nombreuses rédactions tentent de jouer la carte du journaliste multi-tâches pour multi-supports. Mais il n’est pas toujours évident de passer d’un montage radio à l’écriture d’un
article pour la presse, et enfin d’un énième papier pour le web.

Un journaliste multi-fonction que l’on retrouve également dans le web. Il n’est pas rare de voir des journalistes du web tenir micro, appareil photo, caméra, et une fois rentré chez lui, troquer ses calepins pour un ordinateur avec des logiciels de montage.

Dans son article « Et si les écoles de journalisme se mettaient au triolisme ? » – http://pulsene.ws/14c7x – Erwann Gaucher pose la question de la formation de ces journalistes. Et si, finalement, chacun faisait son métier, mais tout en travaillant main dans la main ?

Les POM au coeur d’un colloque

Ce samedi 5 mars se tient à Paris le colloque « POM+F » sur les « Enjeux des nouvelles écritures et des nouveaux usages de l’image et du son »  http://bit.ly/h6vG1n.

L’occasion de découvrir et de débattre sur les POM – comprenez petites oeuvres multimedias. Ces dernières sont souvent méconnues et pourtant très répandues. Eh oui, derrière ce terme bien étrange de POM se cache par exemple les diaporamas sonores… Mais pas seulement…

Pour suivre la conf’ :

Le webdoc séduit la presse locale

Les travailleurs de la Loire

Capture d'écran pour Les travailleurs de La Loire

 

La presse régionale continue sa lancée dans le webdocumentaire et s’accapare peu à peu ce genre. S’il n’est pas nouveau, la PQR a cependant mis quelques temps à intégrer ce nouveau format de l’information. Mais les initiatives se multiplient et on peut à ce titre citer Les travailleurs de la Loire de la République du centre (sorti le 4 mars 2011). Et surprise, qu’ont-ils utilisé pour sa conception ? Wix ! Comme quoi, pas besoin d’être un expert en programmation pour confectionner un joli webdoc à moindre coût…

Outre Les Mushers de l’Oydées blanche (paru le 19 février dernier) de la Voix de l’Ain, on peut aussi prendre pour exemple Le Mensuel de Rennes avec Un match sur le banc de l’avenir de Rennes. Des exemples qui tendent à montrer que ce nouveau format n’est pas une exclusivité de la presse nationale, loin de là.

À quand une utilisation plus globale de ce genre ?

«Le web-documentaire, c’est un peu la Rolls de l’écriture multimédia»

Journaliste à Libération depuis près de quinze ans, Florent Latrive  est également l’un des initiateurs de Libélabo , le pôle audio-vidéo qui existe depuis trois ans. Il était intéressant de revenir avec lui sur la création de LibéLabo, mais aussi de découvrir sa vision du web-documentaire et de son financement. Interview réalisée le mardi 31 août.

Vous êtes à l’initiative de la création de Libération.fr et Libélabo. Qu’est-ce qui vous intéressait dans ce projet ?
Deux raisons à la création de Libélabo. Raison éditoriale tout d’abord : il était important d’utiliser des formats multimédias, car l’écrit, le son et les images peuvent êtres mélangés. Enfin, d’un point de vue interne c’était très intéressant car Libélabo est à l’image d’un petit laboratoire: chacun peut venir s’initier au multimédia. C’est comme un atelier interne de formation afin d’accoutumer la rédaction. D’ailleurs certains y ont pris goût et collaborent régulièrement avec nous.

Comment fonctionne Libélabo ? Toute la rédaction participe ?
Nous sommes trois à Libélabo. On a été doucement au début, avec des partenariats tout d’abord avec la rédaction papier. Vraiment au coup par coup. Et puis finalement aujourd’hui, c’est presque la moitié de la rédaction qui est passée en intervention. Ils se rendent compte que c’est un prolongement de leur métier. Par exemple, une fois par semaine hors saison estivale nous réalisons une émission politique. C’est le service politique qui s’y est mis. Si au début c’était seulement pour s’essayer, aujourd’hui l’émission a un véritable sens pour eux. Si au papier les articles se font de manière individuelle, sur le plateau, le travail est collectif, un vrai travail d’équipe pour le service politique. En plus, cela donne une forme plus dynamique.

Donc aujourd’hui les journalistes sont majoritairement conquis par le format multimédia de l’information ?
Oui. Mais le multimédia n’intéresse pas uniquement les journalistes. Les photographes se montrent de plus en plus intéressés par le multimédia. Par exemple Sébastien Calvet part à chaque fois avec un enregistreur, et en plus de ses photographies il enregistre quelques sons et réalise de très belle scénographie. Il l’a récemment fait avec le camp d’été du parti socialiste à la Rochelle, sur l’arrivée de Martine Aubry et Ségolène Royal. D’autres photographes s’intéressent au rapport du son avec l’image. Mais cela ne peut se faire que sur des reportages d’assez longue durée, vu le temps que cela peut prendre. Lorsqu’ils partent plusieurs jours sur un même événement, sinon ce n’est pas réalisable.

Pourquoi avoir des formats sons et vidéos, plutôt qu’un mélange texte, photo, sons ?
Sur Libération tout ce qui est audio et vidéo remonte sur la home. Les formats que nous réalisons, comme les 1’30. sont relativement autonomes. Mais ils n’existent que parce qu’il y a un article écrit qui l’accompagne. Notre production est moins importante que celle de Libération.fr. Chaque jour c’est entre une centaine et cent-vingt articles qui sont produits et diffusés sur le site. Alors, c’est vrai que nous sommes moins visibles.

Selon vous, comment peut-on financer le web-documentaire dans l’avenir ? N’existe-t-il qu’au travers du CNC ?
La piste n’est pas forcément d’internaliser la production des web-documentaires mais au contraire d’externaliser, avec des journalistes de Libération qui travailleraient avec des personnes extérieures à la rédaction, et avec des modes de financement venant également de l’extérieur, comme par exemple les aides du CNC. Ca reste en effet très proche du financement du documentaire classique, mais ce levier du CNC permet d’éviter des sujets sponsorisés. Cela garde une certaine indépendance entre éditorialité et financement. Ce n’est pas un jugement de valeur. Mais seulement un constat.  Le webdoc n’est pas seulement une évolution du multimédia, il a un mode de financement propre impliquant une forme éditoriale différente. Il n’est pas normé contrairement aux documentaires classiques. Et il n’y a pas forcément besoin de normer ! C’est comme un grand laboratoire sur les pratiques journalistiques. Le web-documentaire, c’est un peu la Rolls de l’écriture multimédia. Ce qu’il est intéressant de voir c’est comment les différentes formes journalistiques peuvent se compléter, et voir comment s’associer éditorialement. C’est une des thématique à venir.

Pourquoi la rédaction de Libélabo ne réalise pas de web-documentaire ?
Libération peut venir comme diffuseur et producteur. Deux rôles possibles. Par exemple pour Les yeux dans la banlieue , Libération.fr a joué le rôle d’un diffuseur simple. On l’a suivi depuis le début via une lettre d’engagement, depuis le dossier de candidature auprès du CNC. Ou, comme peut le faire Lemonde.fr, nous réalisons également des diaporamas sonores. Mais nous n’avons pas les ressources nécessaires à la réalisation de web-documentaire. Cela reste des productions extrêmement couteuses. On n’a personne. Mais ce n’est pas qu’une question de prix. Dans le journalisme multimédia, le mode de diffusion est en rapport avec le mode de production. Les JT ne produisent pas de web-documentaire par exemple, et les sujets produits le sont sur leurs ressources propres. Et quand il y a un documentaire sur une chaine, c’est souvent le CNC qui vient en appui (mais qui n’est pas producteur en tant que tel). C’est donc également une question éditoriale parce que le webdoc et les productions que nous réalisons n’ont pas la même portée éditoriale.

Pourtant Libération est partenaire de certains web-documentaires. Comment les choisissez-vous ?
Dans le cas de Prison Valley par exemple (Libération en  est un partenaire presse et éditorial NDRL), c’est un mélange d’affinités avec les auteurs et le sujet. Car Libé a toujours été très engagé sur le sujet des prisons. Puis je connaissais bien les auteurs. David est un ancien de Libération.